Pastoralisme dans les Pyrénées - COHABITATION

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Pastoralisme dans les Pyrénées

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PASTORALISME DANS LES PYRENEES
« OURS & PATOU Un Amour d’Eté » Une histoire vraie sur une estive dans le Haut Couserans en Ariège, « ou l’amour impossible de l’Ours et du Patou »
Être berger ou éleveur, c’est être avec les animaux en permanence dans la montagne, c’est un vrai métier qu’il faut valoriser !
L'éleveur engagé dans une logique productiviste n'entend pas modifier le fonctionnement de son exploitation, et surtout pas « à cause de l'ours ». Au contraire, les dégâts causés par l'ours lui permettent d'exprimer ses difficultés, pourtant plus certainement due à la crise de l'agriculture de montagne qu'au retour de l'ours.
Pour cet éleveur, l'ours est avant tout un prédateur, menaçant l'économie locale et le progrès.
L'activité de production est déconnectée du territoire même et de ses spécificités. En ce sens, on ne peut plus considérer ces produits comme étant du terroir.
Du point de vue du développement durable, ce système comporte beaucoup d'inconvénients : fuite de la valeur ajoutée (produits non finis quittant le territoire), inflation du coût du foncier agricole (dû à l'agrandissement obligatoire des exploitations), difficulté d'installation de jeunes agriculteurs, pertes d'emplois agricoles, érosion de la culture pastorale (disparition des bergers), dégradation de la valeur pastorale des estives (en l'absence de bergers guidant les troupeaux), difficulté de cohabiter avec la faune sauvage et les autres usagers de la montagne (touristes, chasseurs, forestiers etc…)
Le fondement du système demeure la production intensive en vallée d'un produit non fini. L'éleveur produit l'hiver sur l'exploitation des agneaux légers. Ils sont nourris à l'aliment industriel, et sont vendus rapidement. Ils partent le plus souvent à l'étranger (en Espagne) pour y être engraissés.
L'été, l'éleveur envoie le troupeau (constitué des mères, des agnelles de remplacement et des béliers) en transhumance en estive. Le troupeau y passe l'été sans surveillance ni conduite, l'éleveur y montant généralement une fois par semaine pour voir ses bêtes et soigner les malades ou blessées.
Voir à ce sujet la Synthèse des visites d'estives 2020 : Dans son objectif de sauvegarde de l'ours, l'ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages, a organisé cet été des visites dans les estives d'Ariège (09).
Entre le 21 juin et le 19 septembre 2020, une vingtaine de personnes ont effectué 11 sorties dans des zones à ours sur les estives fréquentées par les troupeaux, afin de procéder à certaines observations sur le terrain. Aucune des estives visitées en 2020 n'a mis en place le triptyque « pâtre + chiens de protection en nombre suffisant + parc de regroupement fermé électrifié » au complet. Sur les 17 estives visitées, 15 sont équipées d'1 ou de 2 bergers. 1 troupeau est laissé sans berger ni surveillance, sauf rares visites de contrôle. Voir le rapport complet sous forme de PDF dans la page du site. Cliquez ici
Mais il y a heureusement des éleveurs, des pâtres et des bergers qui exercent une garde serrée profitable au troupeau, avec permanence auprès du troupeau et regroupement nocturne, présence de chiens de protection. Leur professionnalisme porte ses fruits. La garde serrée du troupeau et la présence des chiens de protection garantissent une limitation des prédations. Cette sécurité acquise permet de relativiser la présence du prédateur. En ayant mis en place le triptyque « pâtre + chiens de protection en nombre suffisant + parc de regroupement fermé électrifié » au complet tout se passe bien.
L'équilibre précaire des exploitations ne permet pas l'intégration de préoccupations environnementales et les mesures d'accompagnement sont considérées comme des retours en arrière inacceptables pour des agriculteurs qui ont beaucoup œuvré pour le progrès technique de leur exploitation. Le voudraient-ils que l'évolution du système de production serait difficile pour ces éleveurs fortement engagés financièrement (emprunts) et insérés dans une filière de production qu'ils ne maîtrisent pas (grossistes, coopératives, fournisseurs d'aliments ...).
Le décalage avec les nouvelles attentes de la société grandit. Notons toutefois que ces attentes sont parfois paradoxales, entre une demande de produits de qualité, préservant l'environnement, créant des emplois, maintenant la culture locale ... et la recherche de prix toujours plus bas. A ce jeu-là, les agneaux étrangers (néo-zélandais notamment) sont mieux placés que les agneaux pyrénéens.
Mais voilà, il existe un modèle pour l'agriculture durable et le pastoralisme en montagne.
Existerait-il donc un système plus durable, intégrant tant les aspects économiques qu'environnementaux, y compris la présence de l'ours ? Mais qui en veut ?
Pour revenir sur "l'Ours" voici quelques précisions...
L’État doit travailler sérieusement à la cohabitation pastorale et à la restauration de la population d’ours dans les Pyrénées et ne plus seulement agir en fonction des vociférations et exigences des opposants.
 
Seules les mesures préventives sont efficaces. Les autorités devraient plutôt subventionner l’acquisition et l’entretien des mâtins espagnols en nombre plus que suffisant, la pose de parcs électriques (si c’est possible et ce n’est pas possible partout), et adapter les règles pour faciliter la prévention.
Si la société veut des ours, qu’elle paie ce que ça vaut et au juste prix ! Et ça vaut aussi pour le loup qui arrive...
Dans la plupart des pays européens concernés, les populations locales ont toujours connu l’ours. Elles n’en ont pas peur et ont maintenu les techniques de protection adaptées.
En France, l’ours a bien failli disparaître et nous devons (ré)apprendre à vivre avec. S’ADAPTER OU DISPARAITRE !
Partout où il y a des ours et des troupeaux, il y a des dégâts au bétail, dans des proportions très différentes selon les régions. La France a toutefois le triste record du nombre de bêtes indemnisées-ours : on est dix fois au-dessus de la moyenne européenne …
L’impact de l’ours n’est pas seulement lié aux effectifs d’ours, mais surtout au type de bétail et aux pratiques d’élevage.
Ainsi le petit bétail (brebis, chèvres) est le plus vulnérable, « d’autant plus quand les troupeaux ne sont pas protégés (bergers, chiens de protection). »
Nulle part en Europe l’ours n’est considéré comme un animal réellement dangereux.
Il faudrait que certains éleveurs réfractaires apprennent comment concilier ours, loups et élevage.
En n’oubliant pas que les animaux domestiques doivent rester sous la protection de l’Homme.
Depuis des générations, l’homme responsable a imaginé les moyens de protéger les troupeaux des prédateurs. Les techniques modernes les rendent plus efficaces encore.
Regrouper les troupeaux le soir et les protéger avec des clôtures électriques et des chiens de protection est très efficace, surtout contre l’ours qui n’est pas un prédateur spécialisé, mais par opportunité. Si on lui rend le bétail inaccessible, il se tournera vers d’autres sources de nourriture.
Voici un exemple typique sur la « haute protection de ces chiens » Ici il s’agit de cohabiter avec les loups. (L’ours en définitive, c’est la récréation !)
Alberto Fernández et Rosi González élèvent neuf cents brebis (900) en plein air au cœur d’une zone qui concentre « la plus forte densité de loups en Europe ». Convaincu que la cohabitation avec le loup est parfaitement possible, le couple prend le contre-pied de ceux qui prophétisent la fin du monde rural avec l’interdiction de la chasse au loup dans toute l’Espagne, entrée en vigueur en septembre 2021.
Les mâtins espagnols sont de véritables soldats, prêts à attaquer un ours à deux s’il approche du troupeau. « Ils sont les prédateurs naturels du loup », explique le berger.
Avec sa compagne, Rosi González, ils ont dix-sept mâtins sur l’exploitation. Résultat ? Une seule attaque en huit ans. Une dizaine de brebis perdues.
Dans les espaces pastoraux, concilier tourisme et chiens de protection n'est pas toujours facile. Ces animaux, éduqués pour protéger les troupeaux, requièrent une attention particulière des promeneurs, qui doivent adopter les bons gestes. Ces chiens sont éduqués à l'autonomie, notamment pour qu'ils agissent lorsque le berger n’est pas là. Mais ils savent identifier un randonneur ou différencier un chien errant d’un loup, d’un ours.
COHABITER pour retrouver l'authenticité de cette montagne vivante
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